A bas les taxes … à Gueux !

Gueux, le 7 avril 2017 :

Le Conseil Municipal vient de voter à l’unanimité (moins une abstention, la mienne), une baisse significative de la pression fiscale. Cela concerne la Taxe d’Habitation, mais pas celle sur le Foncier Bâti ni  celle sur le Foncier Non Bâti. comme je l’avais cru. Concrètement il faudrait s’attendre à une économie de 160 € annuels pour un couple seul et 130 € annuels pour un couple avec 2 enfants.

Miracle ? Pas tout à fait … puisque Gueux appartient désormais au Grand Reims.  De savants calculs ont été réalisés de façon à ce que les transferts de compétences à la Communauté Urbaine soient neutres pour les budgets des communes. Ainsi un mécanisme de compensation financière à été élaboré, et Gueux bien doté en équipements grâce notamment à une Communauté de Communes Champagne-Vesle très attentive avec ses gros bourgs va recevoir un bon paquet de monnaie sonnante et … trébuchante (attention à ne pas tomber !).

En gros : la voirie et l’éclairage de Gueux sont en bon état, Gueux a souhaité conserver son indépendance en matière de scolarité … cela coûtera donc moins cher à la CUR qui renvoie l’ascenseur avec de belles liasses de billets de banque. Cela devrait durer quelques années. Vous retrouverez tous les détails de cet astucieux montage dans le bulletin d’informations communal.

De cette somme d’argent, non négligeable, la Commission a donc proposé d’en restituer une partie aux habitants : 100 000 € en baissant les TA, TF et TFNB.

Faisant (enfin) partie de cette Commission, et parce que je suis démocrate et fier de l’être, je n’ai pas voté en CM contre cette proposition qu’évidemment je respecte sans pour autant reconnaître que son application immédiate soit judicieuse. Je me suis donc abstenu. Voici ci-après mes arguments  :

  • Par deux fois entre 1995 et 2008 la pression fiscale a été baissée à Gueux. Elle ne subit aucune hausse depuis cette date. Ce n’est pas le moment d’attirer l’attention sur nous,  pauvres habitants d’un petit village résidentiel !
  • Il y a un paradoxe avec l’attitude de la municipalité 2008 qui avait placé la taxe d’aménagement à son maximum (20%)sur le lotissement vert avant de se rétracter en 2014 et la ramener et la généraliser à 5% pour tout le village, pénalisant ainsi les secteurs moins résidentiels.
  • Cette somme reversée par la CUR devrait permettre d’avoir un regard plus attentif sur le social, le tissu associatif et la sécurité
    • CCAS : de nombreuses familles modestes aimeraient profiter de voyages organisés par le CDF, par exemple
    • Prendre en charge les frais inhérents aux nouvelles activités périscolaires (jusqu’à leur prochaine et espérée disparition)
    • Aider davantage les associations, notamment en faveur de nos jeunes
      • L’argument de la mairie est : Elles ne demandent rien
      • Ce à quoi je réponds : Privées depuis des années, certaines se lassent de faire des demandes
    • Les équipements sportifs sont insuffisants
    • Les aires de détentes sont insuffisantes
      • Paradoxe, la commune vent un terrain ruelle d’Ormes, qui pourrait servir de jardin public au coeur historique du village.
  • Un spécialiste local des finances nous apprend que le taux de taxe de Gueux est inférieur de 25% à la moyenne nationale
  • Cette somme ne sera pas équitablement répartie à l’ensemble de la population. Dans le vivre ensemble, je privilégie le principe de péréquation.
  • La baisse continuelle des dotations de l’Etat peut réserver de désagréables surprises.
  • D’un naturel optimiste, mais toutefois prudent, je préfèrerais expérimenter quelques temps ces nouvelles dispositions du Grand Reims avant de me ruer sur le gâteau. Même si une adjointe m’a répondu, après on s’en fout, on ne sera plus là … Chacun a effectivement le droit de faire de l’individualisme dans le collectivisme.  Personnellement je ne suis ni ne serai chasseur de primes ou d’indemnités.  

En conclusion, je trouve cette démarche un tant soit peu démagogique et prématurée, et je le dis. 

Certes, cela va peut être permettre de vendre plus rapidement les terrains du lotissement vert. Si le prix du m2 avait été moins élevé, la TA moins élevée et les contraintes du cahier des charges avaient été plus souples dès le départ, nous en aurions peut-être terminé aujourd’hui. Mais quand on a les yeux plus grands que le ventre !