Désherbage mécanique … à Gueux

Gueux, le 18 avril 2017 :

Herse-étrille en action

Le désherbage mécanique est une méthode alternative à l’utilisation de produits herbicides. Son principe est le même que la lutte chimique : détruire les adventices levées pour éviter la concurrence avec la culture et prévenir ainsi la reproduction de semences de plantes indésirables.

Vincent Prévost, agriculteur à Gueux, a fait le choix de tester cette méthode en investissant dans une herse-étrille de 12 mètres de large. Cet outil travaille à environ 2 cm de profondeur indépendamment des rangs de la culture et permet donc un désherbage sur toute la surface. Ses dents souples vibrent avec l’avancement de l’outil et déracinent les adventices en les arrachant par effet de vibration et d’impact. 

Cependant, les conditions de passage sont différentes du désherbage chimique. D’une part cette technique peut s’appliquer soit juste quelques jours après le semi, soit dès que les plans sont déjà solidement enracinés (exemple : orge de printemps avec 3 feuilles), et que les mauvaises herbes viennent d’apparaître. Le sol ne doit être ni gelé ni trop humide en surface lors du passage de l’outil, et les pluies doivent être nulles ou très faibles les 4 jours suivants (2 jours de plein soleil sont idéaux). En respectant ces conditions on limite le risque d’auto-repiquage des adventices, on optimise la pénétration des outils dans le sol, et on aère la surface. C’est l’équivalent du p’tit coup de binette du jardinier !

Evidemment les cultures subissent un stress, et il est nécessaire de compenser la perte estimée par un semi plus dense d’environ 10%. Il va sans dire que l’apprentissage et la maîtrise de cette méthode n’est pas toute simple : modification de la profondeur du semi, surveillance accrue de la pousse des adventices qui doivent être mécaniquement traitées avant un solide enracinement.

L’objectif de Vincent est de réduire ses passages de traitement phytosanitaires, même s’il doit sortir plus fréquemment la herse-étrille.  Il consommera un peu plus de carburant et aussi du temps. Il reçoit la visite de nombreux agriculteurs, bio ou semi-bio qui eux aussi sont soucieux de notre environnement. Merci les amis !

Vincent ne compte pas vraiment sur un amortissement du matériel (10 K€ ), mais optimiste il pense pouvoir réduire encore, voire pratiquement se passer de traitements en investissant l’an prochain dans un matériel un peu plus sophistiqué … mais plus coûteux : la houe rotative

A noter que cette technique de désherbage mécanique s’applique également pour l’entretien des surfaces perméables : allée en stabilisé, cimetière, boulodrome, piste cendrée, aire sablée ou gravillonnée, chemin de terre … C’est beaucoup moins polluant que les systèmes à gaz, qui non seulement nuisent à l’environnement, mais  détruisent également la micro-faune.