Et le tocsin sonna, à Gueux

Gueux, le 2 Août 2014 :

Ordre_de_mobilisation_générale1914Le tocsin* a-t-il sonné dans toutes les communes de France, hier, comme il a retenti à Gueux ?  Kader Arif, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants et à la mémoire,  a encouragé tous les maires à s’associer à cette commémoration, en faisant retentir les cloches dans leurs communes le vendredi 1er août à 16h00 pour commémorer le centenaire de la mobilisation générale et le début de la Première Guerre mondiale. Il s’agissait, toujours selon Kader Arif, de commémorer la Grande Guerre «dans chaque commune, chaque famille, chaque foyer, en y associant le plus grand nombre de Français, pour un Centenaire de cohésion et d’unité nationale».

Dans une circulaire le ministère de l’ intérieur précisait le 28 juillet que la compétence en la matière revient à la commune. Les maires pouvaient donc librement célébrer le centenaire en faisant retentir les cloches des édifices publics de leur ressort selon les modalités qui paraîtront localement adaptées et sur la base du volontariat.

Il y a cent ans, le 1er août 1914 à la même heure, tous les clochers de France sonnaient le tocsin et les Français découvraient l’ordre de “mobilisation générale” invitant notamment trois millions de réservistes à rejoindre dès le lendemain les 800.000 soldats en service actif.

2014 MonumentsMortsDeux jours après, l’Allemagne déclarait la guerre à la France et débutait le premier conflit mondial, au cours duquel 8,5 millions de Français seront mobilisés de 1914 à 1918.

Il était recommandé que le tocsin sonne pendant 5 mn pour ce geste de mémoire. A Gueux l’évènement a duré à peine une minute trente : insuffisant pour éveiller l’attention de ceux qui ne l’attendaient pas. Certains se sont cependant déplacés et recueillis quelques instants au pied du Monument aux Morts, hommage discret mais authentique d’une France émue et reconnaissante.

*Historiquement, le tocsin répond à la nécessité de prévenir les dangers, principalement les incendies. Sous la Rome antique déjà, les guetteurs sonnaient des cloches d’alarme dans les grandes maisons pour prévenir des feus. Le code sonore du tocsin n’apparaît cependant qu’au Moyen Âge. La cloche est mise en branle ou frappée selon un rythme convenu, à coups pressés, soit environ 60 coups par minute. Pour les incendies, le tocsin sonne entre cinq et dix minutes. Pour la mobilisation en 1914, c’était 15 à 20 mn, voire plus, afin d’avertir le maximum de personnes, même les plus éloignées. Ce signal d’alerte sera utilisé  jusque dans les années 1930 avant d’être remplacé par une sirène dans beaucoup de localités.

Le tocsin a donc été effacé de la mémoire collective, ainsi, en septembre 2002 à Aramon (Gard) suite à d’importantes précipitations, la population n’a pas réagi à l’alerte donnée en pleine nuit. Le village s’est rapidement retrouvé sous deux mètres d’eau et plusieurs personnes ont disparu.

Pour entendre le tocsin de Gueux, lancer la bande son au début de l’article.