Halloween et la Toussaint

Gueux, le 1er Novembre 2016 :

eglise-halloweenJ’ai croisé un fantôme en pleurs, hier soir ! Visiblement il n’avait pas l’air de s’amuser beaucoup, encadré par une sorcière et une chauve souris, et traînant un petit panier en forme de citrouille dans lequel quelques bonbons se battaient en duel. Les parents du petit fantôme triste étaient avec lui, pour qu’il soit moins effrayé, et lui expliquer avec pédagogie combien Halloween, célèbre fête folklorique celtes depuis des millénaires méritait d’être fêter dignement et dans la joie ! De cela je suis un peu moins sûr, au fond !

A l’origine cette fête païenne marquait la fin de l’été, la fin des récoltes et l’arrivée de l’hiver. La cérémonie se voulait festive, en l’honneur du dieu de la mort, Samain, et permettait de communiquer avec les esprits. Les fantômes des morts (les vrais…) rendaient visite aux vivants, et pour les apaiser les villageois déposaient des offrandes devant leurs portes.

Petit à petit, la fête s’est imposée dans le folklore irlandais sous la forme d’une sorte de carnaval de fin de saison. Elle s’implante ensuite aux Etats-Unis avec les émigrés de la fin du XIXème siècle.

Halloween fait débat depuis son arrivée en France dans les années 80/90. La période du 31 Octobre au 2 Novembre est une période religieuse où les catholiques fêtent leurs saints, se rendent au cimetière ou à l’église à l’occasion de la Toussaint et de la journée des Morts le lendemain. D’un côté on célèbre la peur, la frayeur, la mort, l’angoisse et de l’autre côté on honore les saints qui sont des modèles de vie, puis on se recentre sur le Christ, vainqueur de la mort. Paradoxal !

En fait, la fête est surtout un formidable coup marketing orchestré par nos amis américains qui satisfont ainsi un peu plus leur désir d’américanisation de la planète, avec le concours de Macdo, Coca et Disneyland. On suit, ou pas, la procession ! C’est quand même bien tentant : les jeunes aux déguisements plutôt effrayants vont faire la fête chez des amis, ou dans les bars. Les plus petits passent de maison en maison, de magasin en magasin grappillant quelques sucreries en lançant de timides  des bonbons ou des malheurs… du racket, à cet âge là !

J’espère, à l’heure où j’écris ces lignes, que mon petit fantôme triste dort à poings fermés ; qu’il s’est bien lavé les dents avant d’aller se coucher ; qu’il a fait sa petite prière avant de s’endormir, et qu’il sera prêt, ce matin à écouter son papa ou sa maman lui commenter l’Evangile du jour : il y est écrit heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés !

Halloween