Insolite, à Gueux #1 : Cache-cache

Mes Insolites, à Gueux, sont des petites originalités de la vie de notre village. Certaines sont là depuis des décennies et plus, d’autres seulement depuis quelques mois voire moins, mais suffisamment discrètes pour peut-être passer inaperçues. Prenons le temps de les découvrir !

Pour commencer cette série, à la veille du 15 août, fête de l’Assomption, je me devais de vous parler du grand vitrail du Chevet de l’église de Gueux.

GrandVitrailAbsideComme l’indique son nom, l’église Notre Dame de Gueux est dédiée à la Vierge Marie. Il est logique que le plus beau vitrail de l’édifice  lui soit consacré. Tous les vitraux de l’église, dont la reconstruction a été achevée en 1934, ont probablement été dessinés par le peintre-cartonnier René Bour et façonnés par Jacques Damon, maître-verrier à Paris.

Ce joli vitrail central, derrière le Chevet, est entouré de verrières latérales représentant pour l’une la naissance de Jésus et pour l’autre sa mort sur la Croix, toujours avec la présence de Marie. Je reviendrai en détail, un peu plus tard, sur l’ensemble du magnifique répertoire verrier qui illumine notre église.

Mais revenons au grand vitrail : Marie est en route vers le Ciel, représenté par une large couronne d’étoiles, accompagnée par six anges musiciens, symboles du bonheur réservé aux Elus. On peut supposer qu’ils chantent leurs louanges en s’accompagnant de la Harpe, de l’Orgue portatif et du Psaltérion. Au dessus des anges, une rose sans épine, symbole de beauté, et un lys dont la blancheur symbolise la pureté de la Vierge. Les apôtres sont autour du tombeau. Deux sont debout, Pierre à gauche et probablement Paul à droite, les autres sont agenouillés. Jean est assurément au premier plan, à droite et il est possible que Mathieu soit en face de lui. Les quatre apôtres du centre, plus âgés n’hésitent pas à regarder la Vierge s’élever dans les Cieux. Les autres, plus jeunes, sont prostrés.

Ce vitrail représente bien à la fois la dormition, l’assomption et l’imminent couronnement de la mère de Dieu.

Observons néanmoins une petite curiosité : combien d’apôtres sont-ils rassemblés autour du cercueil ? Dix ? Non, onze ! On ne distingue du onzième qu’une discrète partie de son auréole, ceci étant assurément voulu par l’artiste pour préserver l’équilibre de son oeuvre.

Insolite, non ?DétailGVC

*Le premier dessin d’un vitrail s’appelle une Maquette, il représente la pièce terminée au 1/10ème, avec tous ses détails (tracé des plombs, colorations et peintures des pièces de verre, armatures métalliques). C’est le document de référence. Puis vient le Carton, qui est un agrandissement à l’échelle 1/1 des éléments du vitrail (encore appelés panneaux).C’est à partir de ces éléments que seront tracées, calibrées, coupées, décorées, serties, soudées et mastiquées, toutes les pièces constituant le vitrail. Voir ici

– Edité le 14 Août 2013