J’ai croisé… Armand Guéry

Gueux, le 3 mars 2017 :

Il y a de cela quelques années, mon ami Michel C. me faisait découvrir Armand Guéry. Puisque ce personnage a un lien, certes tout petit, avec Gueux,  je me suis dit que ce serait sympa de le… croiser un jour, afin d’en faire plus ample connaissance avant de vous le présenter à mon tour.

Armand Guéry était un artiste peintre de scènes de genre, de paysages animés, de paysages d’eau. Il a peint principalement des paysages mettant en scène des vues de la campagne champenoise et des paysages d’Ile de France. Il fut également un saisissant évocateur de paysages alpestres.

Armand est né à Reims le 4 mars 1853, au 43 rue du Barbâtre. Son père, Pierre-Léandre, natif de Sommepy est négociant en vins. Sa maman, Mathurine-Anna née Michel était née à Reims, mais ses parents étaient de Vienne-la-Ville où Pierre et Mathurine se sont mariés le 26 avril 1852.

Orphelin de mère à 14 mois, Armand fait ses études au Lycée de Reims, probablement rue de l’Université, où il se plait, paraît-il, à décorer ses cahiers de caricatures de ses professeurs. Il y décrochera son baccalauréat en sciences. 

Jardin à Auménancourt – A. Guéry 1891

Quand il eut terminé son service militaire, il prit quelques leçons dans l’atelier rémois du peintre Auguste Rigon (décorateur du théâtre de Reims), qui lui fit copier des paysages. En 1880, il présente ses deux premières toiles à la Société́ des Amis des Arts de Reims, qu’il vend en se faisant déjà remarquer.  Il s’installe son atelier à Paris en 1883, au 135 bis rue de Rome. Il se met un temps sur les traces de Paul Emmanuel Peraire (1829-1893) et celles d’Alexandre Rapin (1839-1889), mais notre champenois de coeur préfèrera rester autodidacte. Il obtiendra par la suite de nombreuses récompenses notamment celles au Salon des Artistes Français en 1885, puis en 1890 (prix Raigecourt-Goyon), en 1891 (médaille de 3ème classe – ce tableau, Jardin à Auménancourt , a été acheté par l’Etat et est entré au Sénat) et en 1894 (médaille de 2ème classe). 

C’est à peu près à cette époque qu’il s’installe à Pontgivart avec son épouse qu’il a rencontrée à Orainville. Il rachète alors la maison du boulanger et y installe son atelier. Cette maison que l’on surnomme la Villa des Fleurs se trouvait presque en face de l’église. Armand y réside à plein temps et pendant six années, il passe son temps à fixer sur ses toiles les environs de sa demeure et réalisera pendant cette période la majorité de son œuvre.

Le retour des moutons – A.Guery

Qualifié de Gargantua de la peinture, il avait déjà̀ produit environ 1400 toiles, dessins, pastels, aquarelles, études, coquis, etc…en 1898, selon Armand Bourgeois (revue littéraire et artistique de la Champagne, 1841-1911).

Armand Guery a reçu en 1900, la médaille d’argent de la Direction de l’Exposition Universelle de Paris.

On le décrit comme un bon colosse, blond, aux yeux clairs et aux joues rosées. Il est fortement barbu et fume la pipe. La robuste silhouette d’Armand Guéry est familière de tous. Il est apprécié pour sa simplicité et sa jovialité. Ses toiles se trouvent au Musée du Luxembourg, à l’ambassade de France à Berlin, à Château Thierry, à Nice et chez des particuliers. Il s’en trouve aussi au Musée des beaux-Arts à Reims, où ses oeuvres ne seraient toutefois pas exposées.  Dans sa ville natale,  quel dommage !

Suite au décès de sa femme, il navigue entre Paris, Annecy et Pontgivart. Le 25 février 1906, son père décède à Pontgivart où il sera inhumé. Sa sépulture y est toujours visible. 

Famille Durvin- Gueux 1911

Sa maladie en 1911 l’oblige au repos total. Il se retire alors à Gueux chez son cousin Edmond Durvin. Il s’y éteint le 25 mars 1912 dans sa 60ème année. C’est peut être lui que l’on voit debout, avec un air bien fatigué, sur la photo de famille ci-contre réalisée par le photographe Léon Girardot en 1911. J’aurai bien l’occasion de… croiser Léon un jour, puisque ce photographe a lui aussi quelques liens avec notre village !

Les obsèques d’Armand ont été célébrées à la cathédrale de Reims et il repose au cimetière du Nord, au canton 17, dans le caveau de la famille Guery-Michel.

En 1983, la commune de Pontgivart a inauguré la rue Armand Guéry, celle-là même où se tenait la Villa des Fleurs, dont je n’ai pas trouvé d’image et qui fut détruite pendant la Grande Guerre.

Soir de neige – A.Guery