La chasse est ouverte, à Gueux

Gueux, le 12 février 2014 :

CM101Assister à une séance de Conseil Municipal est enrichissant. C’est généralement l’occasion d’apprendre des choses inédites sur le village et dans le même temps de s’assurer que les sujets les plus épineux sont débattus dans la plus grande transparence.

Voilà pourquoi je me suis obstiné, au cours de ces 6 dernières années, à suivre ces réunions. Force est de constater que les débats attendus n’ont pas eu lieu, et que la transparence est devenue de plus en plus opaque au fur et à mesure que le temps passait. Nous sommes réellement loin des discussions d’antan, étant clairement établi que les séances de Conseil Municipal de cette mandature ne sont que de pâles répétitions dont les conseillers eux-mêmes se passeraient certainement bien, s’ils avaient le cran de le formuler.

Mais, même quand il n’y a pas grand chose à dire, il est toujours possible d’en rajouter. Ainsi, lors de la dernière séance du 5 février dernier, à laquelle je n’ai pas assisté mais dont j’ai pu obtenir un absolument authentique procès verbal, le Maire s’est lâché dans un genre qu’il connait bien, à l’encontre d’un administré de Gueux, évidemment absent et souffrant de surcroit.

Lâcheté ou règlement de compte ? Les deux mon Général, ai-je envie de répondre.

Et puis enfin, la vie privée d’autrui ne regarde personne, et il est incompréhensible qu’un tel lynchage ait eu lieu devant un auditoire médusé. Lynchage ? Oui,  mot faisant référence au juge William Lynch qui mettait des procès expéditifs contre des esclaves noirs, et qui les menaient à la pendaison.

D’autres ont eu l’impression d’assister à une véritable chasse à courre, mode de chasse passéiste très ritualisé, sans arme à feu, jusqu’à l’épuisement du … gibier.

Jamais le pamphlétaire que je reconnais être n’aurait pu imaginer une telle diatribe, amère, violente, injurieuse où même l’intégrité d’un professionnel assermenté a été mise en cause, à toute fin évidente de salir un homme, fragilisé, sans défense ; un brave type, je l’affirme.

Chasse121Mais ce n’est pas ce qui m’a été rapporté sur l’attitude du Seigneur des lieux qui m’a le plus frappé, mais plutôt celle des Conseillers présents. Parce qu’aucun d’entre eux, à quelque moment que ce soit pendant ces longues minutes d’horreur n’a pris la parole pour faire cesser l’hallali, ne voulant s’opposer au plaisir du vénéré chasseur.

Nous sommes certes dans une république laïque, et dans le pays des droits de l’homme, de tous les hommes, même les plus humbles.

Qu’aurais-je fait, moi ?