La minorité monte au front … à Gueux

Gueux, le 30 septembre 2015 :

le_bossuSi tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi (Paul Féval dans le Bossu). Le désespérant manque d’informations de l’équipe du maire de Gueux vers la minorité municipale, et par la même vers 44% de sa population, et j’oserais aussi ajouter vers une partie de sa majorité, est devenu insupportable. Aussi les 4 représentants de la minorité sont-ils contraints d’aller rouler leur bosse et d’aller chercher l’information là où elle se trouve. Et quand je parle d’information, je parle aussi de vérité … Cela me botte d’aller au front !

Ainsi, 3 des 4 élus écartés des affaires de la commune se sont retrouvés hier à 20h30 à l’assemblée de la Communauté de Communes Champagne-Vesle, le quatrième étant retenu pour des obligations familiales. Un autre membre de la liste Ensemble Autrement les accompagnait. Sagement assis au fond de la salle, ils n’ont pas fait le déplacement pour rien !

Les délégués communautaires de Champagne-Vesle étaient venus en nombre. Je pense que de nombreux (optimisme béat !) élus de la majorité de Gueux regretteront de ne pas avoir pu ou voulu assister à ces intéressants échanges et se faire une opinion objective de l’ambiance qui règne aujourd’hui au sein de notre Com-com.

Une première partie, dédiée aux chiffres, indique que les finances de la CCCV se portent bien, très bien même. Luc Bzdak en a profité pour rappeler encore le colossal travail qui avait été accompli par des hommes décidés, convaincus et entièrement dévoués à la cause de la communauté rurale depuis 1973, naissance du District de Gueux qui est devenu notre Com-com.

Notre ratio de capacité de desendettement est très favorable et l’assainissement est réalisé à plus de 90% sur l’ensemble de nos communes, ce qui est remarquable et fait de notre Com Com une des plus en vue des 27 inter-co de la Marne.

Et si, pour reprendre une expression de Michel Caquot, absent hier soir, certains se sont faits mouiller le burnous depuis plus de 40 ans, d’autres absents hier, mais à l’affut aujourd’hui n’ambitionnent assurément qu’une chose : régler leurs comptes avec le Président de la CCCV et prendre une place de choix à Reims-Métropole.

Eh oui, que voulez vous, la mariée est trop belle !  Et cette mariée est bien attirante. La loi NOTRe (voir ici), impose un rapprochement avec une autre Com com … et cependant les candidats tardent à se faire connaître. Pas assez beaux, ou pas assez riches ? Ce n’est pas simple tout cela !

C’est alors que nous apprenons de la bouche du maire de Muizon, que les maires de Gueux, Muizon et des Mesneux ont déjà pris la décision d’aller à Reims-Métropole. C’est un scoop ! Les élus de Gueux, eux, n’ayant pas encore été invités à débattre sur ce sujet dont ils auraient bien aimé parler depuis des mois !

C’est d’autant plus déstabilisant que le bureau même de la Communauté de Commune, dont ces maires font partie, n’était pas informé de leur démarche collective. Une Com-com dans la Com-com, cela fait désordre, mais réjouis les revanchards et les empêcheurs de tourner en rond.

Parce que je manque d’informations et parce qu’aucune assemblée avec débat sur ce sujet brûlant n’a été fait à Gueux, notamment sur les conséquences financières et de gouvernance d’un tel rapprochement, il m’est vraiment difficile de donner un avis objectif. Mon bassin de vie est certes tourné vers Reims, qui lui même risque de se marier avec Châlons en Champagne … et cela me fait un peu peur. Il est vrai que notre maire ferait alors partie des 170 (ou plus) délégués de cette nouvelle Agglo, avec peut-être même un titre de vice-président … Cela changerait tout pour Gueux, certainement … non ?  Brrrr … quand on constate l’état de Gueux aujourd’hui par rapport à hier !

Politique ? Politique, tout n’est que politique évidemment !

En janvier dernier, à l’occasion des voeux du maire de Gueux, Catherine Vautrin rassurait l’assemblée en rappelant que Reims-Métropole n’a pas pour vocation de croquer les communes environnantes, précisant que la force économique de notre territoire c’est l’agriculture et la viticulture, et que cela ne se fait pas place d’Erlon ! (voir Ici)

Mais les temps changent, comme les gens du reste. Je conclus en laissant à votre appréciation cette intéressante intervention faite hier soir par un délégué de la Communauté de Communes Champagne-Vesle, dont je vous laisse deviner le nom :

C’est vrai que la question fiscale est importante, mais elle n’est pas essentielle. L’essentiel est la conception des choses que l’on a. Est-ce que l’on veut  faire partie d’un conglomérat, qui a peut-être son besoin d’être, ou veut-on faire partie d’une structure à taille humaine, péri-urbaine, rurale et viticole ?

Si on fait partie d’un conglomérat, on sera réellement des pions. Vous (L Bzdak) avez cité quelques exemples et vous auriez pu rappeler ceci : avant que la communauté de commune fasse la zone où il y a les cinémas, nous étions allés proposer ce dossier à M Falala (maire de Reims), un samedi matin.  Vous étiez là, M Caquot, M Kremer et moi-même. M Falala nous a reçu très exactement 15 mn, nous parlant de la pluie et du beau temps et puis … dégagez, il n’y a rien à voir ! C’est à partir de là, et je me souviens très bien des propos de M Caquot qui a dit : il s’est foutu de notre G… nous, on va faire tout seul !

Les gens ont changé, ce n’est plus M Falala, ce n’est plus M Schneiter (autre maire de Reims). Justement, je me souviens aussi de M Schneiter aux 50 ans de l’effort rémois qui disait : il est quand même grand temps que les communes péri-urbaines accueillent un peu une partie de nos paumés.

Les gens ont changé, mais ils peuvent aussi encore changer … merci (de votre attention) !

Silence dans la salle.