La PATRO au pied du mur … à Gueux

Gueux, le 1er février 2017 :

En octobre dernier, je m’étais engagé à emmener les enfants du PATRO au pied d’un vieux mur de la ruelle d’Ormes avant qu’il ne soit détruit (voir Ici). La plupart d’entre eux, dont certains ne résident pas à Gueux, sont de vrais passionnés d’histoire. Transmettre ce qui m’a été généreusement offert à ceux qui seront peut-être nos clairvoyants dirigeants de demain est pour moi un véritable devoir de mémoire. Alors je ne m’en prive surtout pas !

La pierre apparaît dans la construction 10 000 ans avant notre ère, dans la région du Proche-Orient. Ecolos avant l’heure, les anciens construisaient avec ce que la nature leur offrait : terre, bois, végétaux, et des pierres que justement ils trouvaient partout, en ramassage ou en extraction. Les premières réalisations étaient faites en pierre sèches, sans liant. S’il fallait détruire et reconstruire, alors les pierres des murs pouvaient être facilement réutilisées en réemploi. 

Notre vieux mur a été réalisé avec un mortier tout aussi naturel : une terre, plutôt argileuse, mélangée avec de l’eau et du sable. Parfois un peu de chaux était utilisée pour donner un peu plus de maintien, mais les puristes affirment que cela n’est pas nécessaire : le choix des pierres, leur disposition et le respect de règles de construction sont primordiaux. C’est ainsi que nos anciens ont pu nous laisser des murs plusieurs fois centenaires, un véritable trésor qu’il faudrait savoir préserver et protéger pour servir comme modèle de bon sens et de savoir faire aux générations futures.

Ce modeste mur, qui n’est pas exempt de quelques imperfections, reste un bel outil pédagogique qui permet de passer en revue les grands principes de la construction d’hier : chaque pierre doit avoir sa place pour qu’elle puisse parfaitement jouer son rôle dans l’ensemble de la réalisation. On le voit aussi, avec le temps, il s’est formé une couche de protection naturelle sur certaines d’entre-elles, une sorte de peau qu’il ne faut surtout pas détruire … l’acidité de la pollution d’aujourd’hui s’en charge !

Un mur de pierres, c’est finalement comme une mini-communauté qu’il faut savoir entretenir et respecter si on veut qu’elle donne et pour longtemps le meilleur d’elle-même. Allez donc lui rendre visite, dans la bucolique ruelle d’Ormes pendant qu’il en est encore temps. Cette ruelle était un chemin qui, jadis bien avant l’autoroute et la LGV, reliait les villages Gueux à Ormes en passant par le vieux moulin à vent.

Le plan ci-dessous est un extrait du plan de Gueux de 1838. Les petits champions du PATRO n’ont eu aucune difficulté (ou presque !) pour répondre aux questions qui leur étaient posées. Et vous ?