La Vierge en a dit un peu plus … à Gueux

Gueux, le 11 décembre 2014 :

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Commencer par laver Maria

Vous avez en mémoire cet article consacré à l’un des trésors oubliés de Gueux: la Vierge reliquaire (Voir Ici)

Deux membres du Conservatoire des Antiquités et Objets d’Arts de la Marne étaient venus lui rendre visite en octobre dernier. Je viens d’avoir le plaisir de rencontrer monsieur Leriche, restaurateur agréé installé à Witry-les-Reims, qui a apporté d’intéressantes précisions. Je tiens à les partager avec vous.

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M.Leriche au travail

Datée du XIXème au vu de la forme de son visage, la statue présente la particularité d’avoir un corps monoxyle, c’est à dire taillé dans un seul morceau de bois. C’est pour cela qu’elle a été évidée, afin d’éviter que les tensions du bois (un résineux) cèdent et créent des fissures. C’est assez original puisque cette technique est antérieure au XIXème.
Il manque malheureusement au dos un panneau masquant cet évidement. Ce panneau devait être ouvragé comme le reste de la statue de façon à la rendre visible à 360°.  Le socle est également évidé, ce qui est plutôt rare, et présente une encoche à l’arrière probablement destinée à fixer la statue. Ces observations amènent monsieur Leriche à penser qu’il s’agissait là d’une Vierge de Procession*, et non pas d’une Vierge Reliquaire comme cela avait été suggéré par le Conservateur lors de sa première visite.
Monsieur Leriche remarque également des traces de dorure à froid et met rapidement en évidence que sur un blanc de Meudon (genre d’enduit) a été déposée une première couche d’une couleur marron, l’assiette à dorer. C’est sur cette assiette que des feuilles d’or habillaient l’ensemble de la Vierge (à l’exception du socle et des chairs). La photo ci-dessous donne une idée de comment elle devait être à l’origine.
Les parties latérales comportant les bras et les pans du manteau étaient collées. Elles ont été remises en place par de simples pointes de métal.

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Une Vierge Dorée

Enfin, les outrages du temps témoignent de sa présence lors des combats de 1914/1918. On peut même distinguer nettement un … trou de balle dans le bas de son manteau.

Et maintenant ?

Monsieur Leriche va rédiger un constat et faire plusieurs propositions chiffrées de façon à calmer les altérations, améliorer l’esthétique de la base, recoller les parties latérales et avant tout procéder à un nettoyage plus approfondi. Une règle élémentaire est imposée : il ne doit pas faire d’interprétation, et tous les travaux réalisés devront être réversibles. C’est cela, le respect de l’oeuvre, et ce principe est malheureusement trop souvent bafoué !

Sûrement à bientôt pour la suite !

Cette Vierge de Procession a-t-elle emprunté l’ancien Chemin de la Procession de Gueux ? Ce Chemin prenait naissance à l’embranchement du bras mort du Circuit pour aller jusqu’à Muizon en passant par la crête au dessus du Fond de l’Arche … il n’en reste plus grand-chose. Si cela vous dit, je vous y emmènerais !