Le Circuit de Gueux, autrement #2

#2 – Etat des lieux  (Retrouvez les autres articles ici )

Sept25Presqu’entièrement détruit lors des ultimes assauts allemands de la Seconde Bataille de la Marne (1) en Juillet 1918, le village avait fort à faire pour se redresser. Ses belles villas avaient disparu, mais il y restait dans le coeur de chaque habitant une farouche volonté de tout rebâtir et d’oublier bien vite les sinistres années passées. Il fallait aussi rendre hommage aux disparus pour la Patrie en dressant un monument aux morts, comme le firent des milliers d’autres communes en France. Ce devoir de mémoire eut lieu le 20 Septembre 1925. Le maire nouvellement élu, Charles Compagne et son prédécesseur Jules Couet (2) unirent leurs efforts pour d’accueillir toutes les personnalités et les nombreux invités.

Serait-en en empruntant la belle ligne droite entre l’auberge de la Bonne Rencontre (3) et Gueux que l’idée d’un possible circuit vit le jour dans la tête d’une sommité présente et proche de Toto Roche, sinon dans celle de Toto lui même ? Toujours est-il que 10 mois plus tard un certain monsieur Augé allait libérer les 45 concurrents engagés dans la course des voitures du deuxième Grand Prix de la Marne.

VirThillois26jpgLe circuit aurait donc la forme d’un triangle dont deux côtés avaient déjà été aménagés pour la circulation : la route nationale était parfaite. Il faudrait redessiner un virage en épingle à Thillois, sans toucher à la petite maison (4) placée à l’intérieur, pour permettre aux voitures de tourner plus facilement et de s’engager sur la ligne droite. Celle-ci était déjà goudronnée (5) jusqu’à Gueux.

VirThilgesAu café Thilges (6),  un étonnant virage à droite à 90 degrés raménerait les concurrents vers Muizon.
Le chemin entre Gueux et Muizon avait été récemment renforcé en pierres concassées et n’était pas entièrement recouvert de goudron. Il était de largeur inégale et d’un profil transversal très bombé. Il rejoignait la nationale par une petite côte puis un court segment horizontal avant un autre virage à droite à 90 degrés, dit virage de la Garenne. Là, il aurait bien fallu abattre rapidement un arbre placé à l’intérieur du virage et jugé dangereux. Ensuite tout irait bien jusqu’à l’épingle de Thillois.

Finalement le circuit développerait 7826 m.

lagarenne

L’accueil de visiteurs serait facilité par une petite route passant par les hauteurs derrière Thillois . Elle ferait grandement l’affaire sans engager de lourds travaux.

Les communes de Gueux, Muizon et Thillois étaient favorables au projet, et les partenaires de la première édition du 1er Grand Prix de la Marne seraient encore présents … Tous les ingrédients étaient rassemblés pour que l’évènement soit à la hauteur des ambitions des organisateurs.

Alors, on retrousse nos manches et on se met au boulot, Toto ?

A suivre : #3 – Des chemins et des hommes

  1. Gueux s’est vu décerner la Croix de Guerre pour citation à l’Ordre de l’armée le 30 mai 1921
  2. Jules Couet et Charles Compagne se sont relayés 4 fois de suite à la tête de la municipalité entre 1912 et 1940
  3. Aujourd’hui Auberge de la Garenne
  4. Cette petite maison a été démontée en 1938 avant d’être reconstruite dans le paddock derrière les stands. C’est incontestablement le plus vieux bâtiment du circuit, qui fut le théâtre d’évènements historiques précieux. Malheureusement elle a été détruite par une incompréhensible décision de la municipalité en mars 2012.
  5. Le goudronnage des routes est pratiqué pour se protéger de la poussière soulevée par les voitures. Ce n’est qu’un simple dépôt d’un produit noir et visqueux, le goudron de houille.
  6. Aujourd’hui cet immeuble abrite le Cabinet médical. Le virage prit successivement le nom de Virage de Gueux, puis du Familo

 

 

MaisonG2012-03

-Edité le 11 mai 2013