Le Patro à l’école d’Hier

Gueux, le 3 octobre 2016 :

dscf3640Colline, qui n’a pas sa langue dans sa poche questionne poliment :

  • S’il te plait, pourrais-tu m’expliquer pourquoi, avant, les filles et les garçons n’allaient pas dans la même école ?

Ma réponse qui volontairement brocardait la sensibilité féminine de ma très jeune interlocutrice m’a valu un immédiat et très sombre regard, et cette spontanée réplique :

-Ben en attendant, dans ma classe, tu vois, ce sont les filles qui sont les meilleures !

J’ai souri et j’ai aussitôt pensé à Corneille, Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, en me disant que dans ce petit groupe d’enfants du patronage du vendredi il y avait peut-être déjà les dirigeants et les dirigeantes de demain qui défendront avec force et conviction les intérêts de notre communauté.

dscf3636L’équipe du PATRO avait donc rendez-vous vendredi dernier dans le hall de la mairie, pour profiter de l’exposition Histoires d’écoles à Gueux et permettre aux jeunes, et aux accompagnateurs, de surfer sur une nouvelle vague de la vie du village. C’est tout à fait en phase avec les objectifs du PATRO : Transmettre dans la joie ! Et puisque l’auditoire est motivé et assoiffé de découvertes sur la vie locale, ne nous en surtout privons pas !

Jean-Pierre Mazereel, adjoint au maire, que les enfants ont évidemment reconnu comme étant le guitariste animateur de la chorale paroissiale, leur a gentiment présenté l’intéressante exposition, visible  jusqu’au 21 octobre.

dscf3633Le groupe a immortalisé l’instant en posant dans les escaliers de la mairie, et chacun en arborant un badge offert par un magasin voisin … mettant astucieusement en avant un slogan bien adapté à l’esprit qui règne dans cette fantastique équipe : I love  CCV,  j’aime les Copains et les Copines du Village !

Cette semaine le groupe découvrira autrement les eaux de l’étang, grâce à la complicité et au dévouement de l’ADPG, l’assoc’ des pêcheurs du lac de Gueux.

*Il aura fallu attendre les années 50 pour que la mixité scolaire se mette en place. Pour sourire, voici un extrait du décret du 7 brumaire an II (28 octobre 1793) : « les filles apprendront à lire, écrire, compter, les éléments de la morale républicaine, elles seront formées aux travaux manuels de différentes espèces utiles et communes » afin de « …préparer les filles aux vertus de la vie domestique… ».

En 1869, JB Gaudin qui logeait 500 familles ouvrières dans son Familistère de Guise dans un luxe hors du commun à l’époque ouvre l’école mixte et gratuite, obligatoire jusqu’à quatorze ans. C’était vingt ans avant les lois de Jules Ferry.

L’historien et pédagogue Antoine Prost souligne dans son livre Histoire de l’enseignement et de l’éducation (2004) : « De toutes les révolutions pédagogiques du siècle, la mixité est l’une des plus profondes. Elle oppose l’école de notre temps à celle de tous les siècles précédents. »

Tout le monde n’est certainement pas encore convaincu …

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