Le Père Noël, c’est moi !

Gueux, le 9 décembre 2016 :

pere-noel-traineauUn petit conte de Noël raconté aux enfants du Patro, et offert à tous les autres :

Le Père Noël, c’est moi !

C’est le soir de Noël. Le Père Noël s’apprête à partir en tournée. Il va livrer des jouets dans le monde entier. Les lutins, ses voisins, sont venus lui dire au revoir. Il leur fait un signe de la main puis il grimpe sur son traîneau et il dit à ses rennes :

– Allons-y, mes jolis… Aussitôt, les rennes s’élancent au galop. Ils filent à toute vitesse sur la neige. Cinq, quatre, trois, deux, un… Juste au moment où ils vont s’envoler, quelqu’un se met à crier :
– Arrêtez ! Arrêtez ! Ne partez pas !
Comme les rennes sont obéissants, ils s’arrêtent immédiatement.
Qui a crié ? Une silhouette surgit de la forêt. Ce grand manteau rouge. cette longue barbe blanche… C’est lui… c’est le Père Noël! Les lutins n’en croient pas leurs yeux. Voilà un deuxième Père Noël. Et ce Père Noël est en colère. Il répète :
– Ne partez pas. Attendez-moi ! Le vrai Père Noël, c’est moi !
– Pas du tout ! Le Père Noël, c’est moi dis l’autre ! Décollons vite, Nous sommes en retard. 

Les rennes ne savent plus à quel Père Noël obéir. Le premier dit :
– Vous n’allez pas croire cet inconnu ! Envolons-nous. Et zou… 

Le deuxième rouspète :
– Je suis allé faire un petit pipi dans la forêt et ce vieux brigand a pris ma place. Faites-le descendre de mon traîneau !
Les lutins sont bien embêtés. Les deux Pères Noël se ressemblent tellement. Comment reconnaître le vrai ? Un lutin courageux a une idée. Il s’approche du Père Noël dans le traîneau et, d’un coup sec, il tire sur sa barbe.
– Ouille, ouille, ouille ! fait celui-ci.
Pas de doute, c’est une vraie barbe, affirme le lutin.
Puis il va tirer sur la barbe de l’autre Père Noël.
– Aïe, aïe, aïe ! crie celui-là.
C’est aussi une vraie barbe, conclut le lutin courageux. Un lutin malin a une autre idée :

– Le vrai Père Noël connaît le nom de tous ses rennes. Alors, je vous écoute, messieurs les Pères Noël.
– Trop facile ! dit en rigolant le Père Noël sur le traîneau. Et il vient murmurer les noms à l’oreille gauche du lutin.
– Trop facile, lance en ricanant l’autre Père Noël.
Et il chuchote les mêmes noms à l’oreille droite du lutin.
Incroyable, soupire le lutin malin… ils m’ont donné tous les deux la bonne réponse.
Mais deux Pères Noël, c’est beaucoup trop. Il y a forcément un faux ! 

À cet instant, la porte d’une petite cabane en bois s’ouvre brusquement.
Un vieux bonhomme en caleçon apparaît. Lui aussi a une barbe blanche et il n’est visiblement pas content du tout:
– Vous avez vu l’heure, dit-il aux lutins. Je faisais une sieste dans mon cabanon et personne n’est venu me réveiller.
Les lutins poussent des cris de stupeur :
– Encore un troisième Père Noël ! Impossible ! Trop c’est trop ! 

Le Père Noël en caleçon ronchonne de plus belle :
– Qu’est-ce que vous attendez ? 

Puis il ouvre de grands yeux étonnés lorsqu’il découvre tes deux autres Pères Noël.
– Albert ! Dagobert ! s’exclame-t-il.
– Euh… J’avais envie d’essayer ton traîneau, dit l’un.
– Euh… Moi aussi, dit l’autre.
Les lutins ne comprennent vraiment plus rien. Heureusement, le Père Noël en caleçon leur donne des explications :
– Ces deux barbus là, déguisés en Père Noël sont mes frères, Albert et Dagobert. Ils sont venus passer quelques jours avec moi. Ils me ressemblent beaucoup, mais rassurez-vous, le Père Noël, le vrai, l’unique, c’est moi ! D’ailleurs, je suis le seul à connaître les adresses de tous les enfants de la Terre.
– Dis, tu nous emmèneras un jour avec toi ? demandent en chœur Albert et Dagobert.
– Si vous êtes sages, je vous ferai faire un petit tour dans l’Univers lorsque j’aurai fini ma tournée, répond le Père Noël. 

Alors, vite, Albert lui passe son manteau, Dagobert lui donne son pantalon. Et le Père Noël, le vrai, maintenant tout habillé, monte sur son traineau, donne l’ordre à ses rennes de s’élancer. L’équipage prend de la vitesse et s’envole dans le ciel étoilé. Le vrai Père Noël peut enfin commencer sa tournée et distribuer ses jouets.