Marche doucement sur la terre, elle est sacrée

Gueux, le 1er juillet 2015 :
2015_06_02NDàND“Un jour, il (un homme qui parlait aux arbres) me dit cette parole: “Marche doucement sur la terre, elle est sacrée…

Le bonheur est dans la marche, il est surtout dans la façon de marcher.  Il y a une façon de marcher qui fait de nous des touristes, une autre qui fait de nous des randonneurs, une autre encore qui fait de nous des pèlerins.  Il ne s’agit pas de les opposer les unes aux autres.

Marcher comme un touriste, c’est marcher sur l’écorce de la terre.  Marcher comme un randonneur, c’est en connaître la sève, entrer dans le mouvement, l’énergie même de l’univers, et revenir le soir avec des odeurs de nature, de forêt traversée, peut-être de sanglier dont on suit les traces… Marcher comme un pèlerin, c’est marcher proche du Souffle qui est dans la sève, avec ce qui informe la sève et donne à l’arbre son écorce, sa droiture vive au bord du chemin.

Il ne s’agit pas d’opposer l’écorce, la sève et le Souffle, le touriste, le randonneur et le pèlerin, mais simplement de rappeler que la terre sainte est sous nos pas.  Elle n’est pas ici, elle n’est pas là; c’est notre façon de marcher, la qualité de notre marche, qui rend la terre sainte ou “profanée.””

-Extraits de  L’assise et la marche de Jean Yves Leloup