Nous payons, ils cassent, nous trinquons !

Gueux, le 9 décembre 2014 :

2014_12_8 Fleurière

Les treillis sont partis dans le lac

C’est bien connu, l’intelligence a ses limites, mais pas la connerie. Même si le philosophe Eric Deschavanne déclare que la jeunesse française est prête à en découdre parce qu’elle est en proie à une crise civilisationnelle profonde, il est difficile de comprendre que certaines réactions locales conduisent à des crises de destruction systématique avec une rigueur et une précision qui démontrent bien que tous les neurones et les muscles sont parfaitement à la place qu’ils doivent occuper.

Gueux est un village résidentiel. Cela a tellement été rabâché que beaucoup ont fini par y croire et se croient tout permis pour le démontrer. Les parties de Wheelie* le long du lac, sur le rénové chemin piéton de la Fleurière en sont-elles une preuve ? Peut-être. Notez bien, qu’il est surtout plus facile d’impressionner les potes en faisant une roue arrière sur quelques mètres en plein coeur du village plutôt que d’engager la seconde puis la troisième en maintenant l’équilibre sur plusieurs centaines de mètres sur le bras mort du Circuit !

En contrepartie, cela fait hurler les riverains qui se font traiter de vieux cons. Les échanges discourtois sont lancés et si les uns finissent par claquer leur porte de dépit, les autres sautent sur l’occasion pour s’en prendre aux biens publics sans aucune impunité … ça aussi, il faut le souligner !

Qui est responsable ?

La réponse est déjà toute faite : le système !

Le système ? Comment effectivement ne pas être révolté devant le spectacle de nos décideurs de tous niveaux qui s’agitent dans tous les sens pour donner l’impression qu’ils existent. Pourtant, ce système, c’est bien nous qui l’avons mis en place, particulièrement aux lendemains de notre pseudo révolution poussive de 68. Se sentent-ils aujourd’hui vraiment concernés, ceux qui ont préféré initier leur progéniture à la libre pensée et aux volutes du plaisir éphémère plutôt que de leur apprendre à aller voter et de respecter Marianne ?

MiniWheelieLe contexte actuel du déclin, de l’impuissance publique à gérer, de l’avenir incertain, du besoin d’avoir recours aux parents, et pire encore aux grands-parents, nourrit forcément la frustration et la colère. Ces actes de révolte qui servent d’abord de défoulement, il faut les comprendre, les analyser, s’assoir ensemble sur un coin de pelouse et chercher des solutions pérennes plutôt que d’aller, penaud, sonner discrètement chez les «bleus» à l’entrée du village. Est-ce là l’ultime recours ?

Et puisque je n’ai malheureusement pas la solution miracle, je continuerai, parce que j’y crois, à m’investir avec les enfants qui ont soif d’apprendre leur village, le mardi après-midi, à l’heure des TAP**.

*Wheelie : art de rouler sur la roue arrière en maîtrisant le point d’équilibre 

** TAP : Temps d’Activité Périscolaire