Parole de Curé en Avril 2016

 « L’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer… »

cerisierEn ce beau mois d’avril, je vous propose ce texte tiré d’un enseignement de Saint Jean-Marie Vianney sur la Prière qui est une rencontre avec le Seigneur… Un entretien amical… Un Cœur à Cœur amoureux… Ce texte m’a été offert par le Père Jacques Prudhomme, Moine de Clervaux.

« Voyez, mes enfants : le trésor d’un chrétien n’est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien ! Notre pensée doit aller où est notre trésor. L’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer…vous priez, vous aimez : voilà le bonheur de l’homme sur la terre !

La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre.

Nous avions mérité de ne pas prier ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu’il reçoit avec un extrême plaisir.

Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu…La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du Paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.

La prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement, qu’on ne s’aperçoit pas de sa durée. Tenez, quand je courais la Bresse, dans le temps que les pauvres curés étaient presque tous malades, je priais le bon Dieu le long du chemin. Je vous assure que le temps ne me durait pas.

On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l’eau, parce qu’ils sont tout au bon Dieu. Dans leur cœur, il n’y a pas d’entre-deux. Oh ! Que j’aime ces âmes généreuses !…Saint François d’Assise et Sainte Colette voyaient Notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlons. Tandis que nous, que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander ! Et pourtant quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va…Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu : « je n’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous… » Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandons avec une foi bien vive et un cœur pur ».

(Catéchisme sur la prière : A. Monnin, Esprit du Curé d’Ars, Paris 1899, pp. 87-89)

Dans la simplicité du cœur, il est bon de nous mettre à l’école des Saints et des Saintes qui nous introduiront dans une véritable intimité avec le Seigneur par le biais de la Prière.

Saint Benoît parle dans le prologue de la Règle, au verset 45, de « Fonder une école au service du Seigneur » et nous savons que la vocation première du moine est de chanter la louange de Dieu, de porter vers lui les joies, les peines et les espérances des hommes. C’est sa première fonction! « A l’heure de l’office divin, aussitôt que l’on aura entendu le signal, abandonnant tout ce que l’on a en mains, quoi que ce soit, on accourra avec hâte » dit St Benoît au chapitre 43. Que rien ne soit préféré à l’œuvre de Dieu… « Ne rien préférer à l’amour du Christ » semble bien être la pensée et l’enseignement de notre Père St Benoît sur la prière.

A la suite des Saints et des Saintes de notre Eglise, donnons du temps à Dieu dans la prière pour en gagner…

L’abbé Pascal Rodrigues – Oblat Bénédictin de Clervaux.

Ichtus