Pas Touch’ N° 74 – Oct 2015 : O gai, vive la rose !

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Soirée Cabaret Juin 1990

Samedi, 16 juin 1990, 21h30, le Conseil Municipal de Gueux monte sur scène et, oh surprise, se lance dans l’interprétation très personnelle d’un succès de Guy Béart : les voilà chantant O gai, vive la rose, sous le regard d’abord médusé, puis franchement amusé des très nombreux administrés venus assister au grand spectacle de Cabaret proposé par l’association Acte I Scène Gueux.

Tiens, voilà le Conseil qui va délibérer … etc… ! Chacun y allait de sa plus belle voix, certains ayant même reçu le pouvoir d’un conseiller excusé pour chanter plus fort que les autres … !

Malicieusement distribué à l’assistance, le texte de la chanson parodiée permit à tous de se lâcher un peu et de profiter de ce moment de convivialité intense, inoubliable, où le sérieux, le faire semblant et le roulage de mécaniques n’étaient pas de rigueur.

Dans un des couplets à dormir debout, il était question de reboucher le lac pour y bâtir une église … puis de creuser un nouveau plan d’eau à la place de l’actuel lieu de culte … un avant goût finalement de la stratégie du faire et refaire d’aujourd’hui !

Guy Béart nous a quitté le 16 septembre dernier, et avec lui probablement un des derniers troubadours de la chanson française, le troisième B, après Brel et Brassens dit-on. En regardant la photo ci-dessus j’entends encore les accords de guitare de la chanson du poète, où sa rose empruntée n’avait aucune raison de porter des épines. Je me dis qu’il n’est pas si loin le temps où nous partagions tous les mêmes valeurs, loin des complications, des tricheries et des ambitions personnelles qui nous sont imposées aujourd’hui.

A cette époque l’information circulait. Chacun autour de la table du Conseil avait un véritable rôle à jouer, choisi, concerté, consenti et évidemment pas dicté. Une opposition aurait même pu dire son mot si toutefois cela lui avait semblé utile.

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Guy Béart par Jethro

Je ne pourrai malheureusement plus réunir ces hommes et ces femmes, modeste choeur d’un soir qui n’avaient qu’un seul objectif : continuer de suivre le chemin que Gueux s’était tracé depuis des siècles dans l’harmonie la plus totale, sachant faire face collectivement aux difficultés quand cela était nécessaire, surtout dans les pires moments. Nous allions entrer dans la dernière décennie d’un siècle et même d’un millénaire. Le maire, Remi Prévost, écrivait alors dans l’édito du journal local : Je suis conscient d’une mutation de la banlieue rémoise à plus ou moins brève échéance. 

Qu’est donc devenu son plan de protection du village !

Aujourd’hui, à ces artistes d’hier, je leur aurais fait chanter du même auteur Ah, qu’il était beau, mon village …. C’est de circonstance, me direz-vous !

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion – Conseiller Municipal – Gueux