Pas Touch’ N° 75 – Novembre 2015 : Histoires de cimetières

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Vieux cimetière, 31 octobre 2015

Mardi 15 mars 1639, 10h30, Maître André Clocquet, curé de Gueux et docteur en théologie préside les obsèques de feu Jean R  dans l’église romane du village. Tous les habitants ou presque se sont réunis pour accompagner leur ami pour son dernier voyage. Il sera inhumé comme le veut la coutume dans le cimetière entourant l’édifice paroissial *.

L’église romane** de Gueux serait apparue au XII ème siècle, avec la christianisation en profondeur de nos campagnes. Avec elle sont appliqués localement les nouveaux rites funéraires et en particulier la notion de cimetière au chevet de l’église. On pourrait aussi imaginer que cette église ait été bâtie à la place d’un autre édifice, plus modeste, encadré déjà par des sépultures comme cela se faisait depuis l’époque carolingienne … Amis historiens locaux, il reste du boulot !

Le vieux cimetière de Gueux a malheureusement perdu son église romane dans la seconde partie du XIXème siècle, libérant ainsi des espaces pour de nouvelles sépultures.

Vers la fin des années 1970, le conseil municipal fit l’excellente option de réserver un terrain pour la création d’un nouveau cimetière au bout de la ruelle d’Ormes. Celui-ci fut inauguré au cours du second semestre de 1980.

Les cimetières de France sont propriétés communales. C’est ce qui a conduit madame la députée Catherine Vautrin à poser cette question au gouvernement en septembre 2012 :

J’attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la gestion et l’entretien des cimetières municipaux. En effet, les cimetières sont des lieux de recueillement pour les familles et doivent être entretenus en ce sens. Malheureusement, il arrive aujourd’hui que ces lieux soient laissés à l’abandon et se dégradent. Indignées, les familles se retournent vers les pouvoirs publics et les élus pour que soient respectées les obligations qui incombent aux municipalités de garantir la décence inhérente à ces lieux de repos des morts. Interpellée à de nombreuses reprises sur ce sujet, je souhaiterais savoir quels sont les moyens mis en place pour contrôler l’action des municipalités et pour garantir le respect de leurs obligations.

La réponse, d’une page et demie et parue au JO de janvier 2013 se résume ainsi : Le maire assure la police des funérailles et des cimetières … Les travaux d’entretien général des cimetières sont des travaux publics et relèvent de la compétence du maire. Le défaut d’entretien peut entraîner la responsabilité de la commune. Le maire n’est pas chargé de l’entretien des tombes, hormis celles dont la commune s’est engagée à assurer l’entretien … Le défaut d’entretien des cimetières peut faire l’objet d’actions contentieuses devant le juge administratif … Afin de clarifier les compétences de chacun, les communes peuvent, si elles le souhaitent, organiser avec leurs administrés des échanges sur les problématiques spécifiques posées par l’organisation et l’entretien des sépultures dans les cimetières communaux …

En gros, la Loi n’interdit pas la concertation, comme celle qui avait conduit quelques bénévoles à se retrousser les manches pour nettoyer efficacement le vieux cimetière en juin dernier. Concertation ? !

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion – Conseiller Municipal 

  1. Seuls le nom du curé et l’année sont authentiques !
  2. Un essai de restitution au 1/10ème de cette église est dans la chapelle St Timothée de l’église actuelle