Pas Touch’ N° 78 – Février 2016 : Vous avez dit Social ?

AnciensGueuxSSdate

Hier, autre époque

Dimanche, 28 novembre 1995, midi, c’est la première fois que la Maison des Sports accueille ce qu’on appelait alors le Repas des Anciens.  Non, il ne s’agit pas d’une erreur ! Selon le calendrier, ce sympathique rassemblement se déroulait fin novembre ou début décembre, et ce jusqu’en 1996 où le mois de décembre fut définitivement choisi, sans pour autant faire l’unanimité de tous *.  

Hier, chaque concitoyen était considéré comme Ancien quand il atteignait … 65 ans ! Cela en effrayait plus d’une …mais pas tant que cela puisqu’il avait été dénombré 80 convives pour 150 invitations en 1992, et 120 inscrits pour 220 sollicitations en 1996 ! La qualité du repas, du service et l’ambiance donnaient de bonne raisons pour ne pas se priver de ce jour d’exception. Petit à petit les Anciens ont été rajeunis, et ont du attendre deux années supplémentaires pour devenir les Ainés, tout autant choyés aujourd’hui.

Nous étions bien loin des très modestes mais quand même chaleureuses prestations offertes au Repas des Personnes Agées lors de sa création en 1972 (Appellation d’époque, désolé !).

Le budget, voté en avril 2015, a accordé une enveloppe de 8000 Euros au Repas des Ainés du 24 janvier 2016. Lors d’un récent conseil municipal, un élu zélé de la majorité s’en est offusqué : C’est beaucoup d’argent pour une tradition qui avait lieu d’être à une époque où les personnes âgées étaient souvent seules, n’avaient pas les moyens, peu de chaleur humaine, mais je crois qu’il serait temps d’engager une réflexion … On ne peut pas nous dire qu’il faut faire des économies, qu’il faut optimiser, qu’il faut rationaliser alors qu’on sait que sur beaucoup de postes et notamment sur les salaires on ne peut rien faire.

Comment peut-on tenir de tels propos après avoir accordé sans discussion une augmentation de 20 % de leurs indemnités au maire et à ses 5 adjoints au début de la mandature en 2014 ? La plupart des élus, notamment de Reims, et plus dernièrement de la Grande région ont vu, eux, leurs tarifs à la baisse .

Comment peut-on ne pas avoir le même regard respectueux envers les Anciens, ou les Ainés, qui ont construit notre village ? S’ils n’avaient certes pas tous les moyens de se payer une mandarine en dessert en 1972, certains n’ont toujours pas les moyens aujourd’hui de se payer un repas de fête en compagnie de leurs amis. Moi, m’sieur, je ne rougis pas de leur offrir cette juste récompense, au regard d’autres dépenses injustifiées !

De la chaleur humaine ? Ils en avaient sans doute bien plus qu’il leur en est donnée aujourd’hui. Combien de ces bâtisseurs, pages de notre Histoire, nous quittent aujourd’hui dans l’indifférence ?

Mais de cet élu, aveugle et sourd je partage au moins un avis :

On ne vit sûrement pas dans le même monde !

Pour moi, ce qui compte n’est pas la voix, mais le Chemin.

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion, Conseiller Municipal – Gueux

* Parfois reculé d’une semaine à cause de la Ste Barbe des Pompiers, ce repas se trouve alors trop proche des Fêtes de Noël.