Pas Touch’ N° 79 – Mars 2016 : Le coq est-il mort ?

 vitrailcoqJeudi, 24 mars 0033, vers 19h30, ou à peu près, c’était juste après son dernier repas, Jésus dit à Pierre, son disciple et apôtre : Je te le dis, en vérité, toi aujourd’hui, cette nuit-ci, avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras.

Juste avant Pierre l’avait assuré de son total dévouement. Et pourtant, quelques temps après, en l’espace de quelques minutes, Pierre certifia trois fois ne pas connaître Jésus, et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Pierre se souvint de la parole telle que Jésus la lui avait dite, et il éclata en pleurs.

Et si le coq s’était tu, ce soir là ? Pierre ne serait peut-être pas devenu le premier Pape de l’histoire !

J’aimerais que le coq chante plus souvent, pour rappeler à ceux qui renient, trahissent, trompent, désertent qu’ils font fausse route. Malheureusement de coqs il n’y a plus guère dans nos campagnes, et beaucoup d’entre eux sont condamnés à la fermer. Alors la vie et ses dérives continuent, et vogue la galère !

En décembre dernier, un élu de la majorité (si, si !) prenait la parole au cours de la séance du Conseil pour faire ce commentaire :

J’avoue ne pas très bien comprendre le retournement complet de la position d’un certain nombre d’élus. Je me souviens, lorsque notre liste s’est présentée à la population, avant les dernières élections, j’étais chargé de faire le petit topo sur l’Urbanisme. J’avais dit en substance que la question la plus importante de la mandature à venir, donc celle dans laquelle nous sommes, serait de trouver les moyens d’éviter d’être avalés par Reims et de rester un village ou un bourg résidentiel. J’avais cru, et j’ai dû me tromper, que tout le monde était sur la même ligne. Alors je sais qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais moi je préfère être un imbécile qui respecte ses électeurs.

Product_TGS10010_Image_1Ne cherchez pas cela dans un quelconque compte rendu de CM, ces propos d’une touchante  sincérité et honnêteté n’ont évidemment jamais été rapportés !
Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt !
Dit encore un viel adage chinois. L’esbroufe domine, tromperie est partout, et cela ne date pas seulement d’hier. Pour conclure, je vous propose de relire le coq et le renard, une fable de La Fontaine. Evidemment, toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n’est pas tout à fait fortuite !

  Sur la branche d’un arbre était en sentinelle

 Un vieux Coq adroit et matois.

  Frère, dit un Renard adoucissant sa voix,

Nous ne sommes plus en querelle :

  Paix générale cette fois.

Je viens te l’annoncer ; descends que je t’embrasse ;

  Ne me retarde point, de grâce :

Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer .

  Les tiens et toi pouvez vaquer,

Sans nulle crainte à vos affaires  :

  Nous vous y servirons en frères.

Faites-en les feux dès ce soir.

  Et cependant, viens recevoir

Le baiser d’amour fraternelle.

  Ami, reprit le Coq, je ne pouvais jamais

Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle

  Que celle

De cette paix.

Et ce m’est une double joie

De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers,

Qui, je m’assure, sont courriers

Que pour ce sujet on envoie.

  Ils vont vite, et seront dans un moment à nous.

Je descends : nous pourrons nous entre-baiser tous.

  Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire,

Nous nous réjouirons du succès de l’affaire

  Une autre fois.  Le Galand aussitôt

Tire ses grègues, gagne au haut,

  Mal content de son stratagème ;

Et notre vieux Coq en soi-même

Se mit à rire de sa peur 

  Car c’est double plaisir de tromper le trompeur.

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion – Conseiller Municipal – Gueux