Pas Touch’ N° 88- Dec.2016 : Et une pirouette de plus …

transparence-municipaleLe  3 septembre 2008, en cours de réunion, les conseillers  municipaux de Gueux donnent l’autorisation au Maire d’engager un recours au nom de la commune contre l’arrêté d’inscription sur la liste des monuments historiques de certains des bâtiments du Circuit de Gueux. Le Maire rappelle alors que dès lors que ces bâtiments sont inscrits, le SDAP (Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine) peut prescrire des travaux, que ceux-ci seront peu subventionnés et donc couteux pour la collectivité. 

Un peu après, en juin 2009, et en réponse aux craintes qu’un tel recours puisse se révéler coûteux pour la commune, le maire répond que selon les renseignements qu’il a pu obtenir, un recours de devrait pas coûter plus de 1500 € à la commune.

Sur les 18 conseillers présents, 3 se prononcent contre ce recours et deux s’abstiennent.

Si on sait aujourd’hui que les vrais Amis du Circuit ont eu gain de cause, on ne sait pas combien ces procédures inutiles auront finalement coûté aux finances  publiques.

Un an plus tard une feuille d’informations municipales distribuée dans toutes les boîtes à lettres va plus loin: Pour prévenir de nouvelles dégradations et éviter la dissémination d’amiante dans l’environnement, les vestiges non caractéristiques seront nivelés, libérant de l’espace utile ! J’adore cette nuance poétique : nivelé.

En clair, comme le rapporte le journal l’Union de l’époque, cela signifiait que les vestiges des bâtiments des pilotes et du gardien (non inscrits) seraient rasés.

Pour faire bonne figure, un lancement en grandes pompes d’une souscription publique pour la restauration de bâtiments du circuit est faite en mai 2011. L’objectif est de restaurer dans un premier temps le poste de chronométrage, dit Pavillon Lambert, érigé en 1953.

Quatre ans après, en 2015, la Fondation du Patrimoine qui a collecté les fonds s’inquiète de ne voir aucun travaux réalisés et menace d’utiliser ces dons pour d’autres projets si rien ne se met en route. Sans avoir été concertés, les conseillers municipaux apprennent en octobre de la même année qu’après avis du comité du club des entreprises mécènes, la souscription Lambert pourrait être redéployée sur le projet de remise en état de la toiture du bâtiment abritant le restaurant, et la mise en sécurité de ses accès.

Comme on peut le constater avec satisfaction aujourd’hui, le pavillon des marques, qui n’était cependant pas inscrit, est également en cours de rénovation. On peut remercier au passage les membres de l’association des Amis du Circuit (ACG) pour leur dévouement et leur pugnacité.

CdG2012Mar21Malheureusement, c’est l’historique maison du gardien qui a fait les frais de ces rebondissements municipaux. Elle fut littéralement massacrée le 20 mars 2012, sans aucun respect des recommandations de l’arrêté que le Maire avait cependant pris le 8 février : Le permis de démolir est accordé sous réserve de respecter les prescriptions suivantes : dans l’attente d’une reconstruction future, les matériaux seront  récupérés et stockés par la commune. Ah bon !

Pirouette par-ci, pirouette par-là, on me démontrera encore avec une convaincante indignation que j’exagère. Comme le disait l’Abbé Pierre, avant de s’indigner, il faut être digne !

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion – Conseiller Municipal – Gueux

-Edité le 9 décembre 2016