Pas Touch’ N°61-Sept 2014 : Mamie finalement exécutée ?

Jeudi 30 mai 1918, vers 16h00, les soldats allemands pénètrent dans Gueux dévasté par d’intenses bombardements. L’Hôtel Ste Cécile est entièrement détruit, y compris sa salle de danse, fierté locale.

1918 14 Place des lacs - Version 2

Hôtel Ste Cécile – 1918

La reconstruction moderne au même endroit du Café Thiltges et de sa magnifique salle de spectacle se fit au début des années 20. L’établissement qui a connu depuis plusieurs affectations abrite aujourd’hui le cabinet médical. La salle de spectacle, elle, rachetée par la municipalité en 1953 est devenue la petite salle des fêtes de l’avenue de la Gare. En 1966 Boden, artiste peintre ami du Maire Charles Dassonville, y a signé la fresque qu’il a offerte à Gueux.

Bien plus tard, c’est sous cette même peinture murale que les futurs élus du Conseil Municipal de 2008 allaient poser, non sans fierté. Ironie du sort, ce sont ces mêmes personnes rêvant d’un Avenir plus harmonieux qui ont condamné à mort la salle qui a joué un rôle social prépondérant pour notre village jusqu’en 2009. Elle aurait pu avoir un avenir radieux si les suggestions d’un véritable centre de vie au Coeur du Village avaient été suivies d’effet. Elle a donc été interdite au public au prétexte qu’un diagnostic réalisé par un cabinet mandaté avait fait apparaitre que cette salle ne répondait plus aux normes de sécurité et d’accessibilité, et présentait d’importantes lacunes du point de vue de la structure et des performances énergétiques. L’estimation des travaux visant à remédier à cette situation s’élevait, selon le même cabinet, à 92.850 € … une misère !  Combien d’argent a-t-il été englouti dans des dépenses inutiles ou superflues depuis ce temps ?

En février 2012, et ce malgré plusieurs conseillers pas entendus parce que pas écoutés, le CM a décidé de vendre l’historique salle des fêtes de l’avenue de la Gare. Un boucher devait rapidement s’y installer, puis un pâtissier, puis flop ! Le prix de vente, net vendeur avait été fixé à 220 000 € par délibération en septembre 2012. En juillet 2013, suite à une rebondissante réouverture provisoire le temps d’un week-end, je titrais, béatement optimiste et pour parodier un film bon enfant, Mamie fait de la résistance*.

En avril dernier, le prix de vente toujours net vendeur a été abaissé à 190 000 €, pour répondre favorablement à une offre** reçue par monsieur le Maire : 7 conseillers se sont prononcés contre. On le constate, les nouvelles règles de scrutin des municipales pour les petites communes ne reflètent plus vraiment la démocratie locale : avec 44% des voix des électeurs, et 8 sièges au lieu de 4 pour l’opposition, le débat sur la petite salle des fêtes aurait alors pu prendre une autre tournure. Ah! Avec des si et des mais !

Fallait-il contester, pétitionner, manifester, envahir la salle de réunion avec slogans et calicots comme cela avait été fait lors d’une réunion du CM en décembre 2007 ? A chacun sa méthode, sa patience, ses prières. Les perturbateurs d’hier prétendent être les sages d’aujourd’hui … tant mieux ! Il est grand temps d’en faire la démonstration.

En attendant, la période des soldes étant terminée, il va falloir maintenant trouver d’autres arguments pour vendre les parcelles du Lotissement Vert, garant de notre avenir économique.

Mais ça, c’est une autre histoire !

Claude Gremion

Assoc’ Villages Hier et Aujourd’hui

* voir Mamie, fait de la résistance (PT N° 47 de juillet 2013)

** deux logements locatifs accolés y seront créés, selon les indications du permis de construire affiché sur la porte.