Piou-Piou ou Pioupiou ?

Gueux le 15 octobre 2014 :

tenue_1914Doit-on écrire Piou-Piou, ou Pioupiou, lorsqu’il est question de nos vaillants soldats partis au combat à partir du mois d’août 1914 ?

La réponse se trouve peut-être ci-dessous :

Pioupiou est un néologisme dû au vaudevilliste français, Antoine-François Varner, auteur en 1838 d’une comédie intitulée Pioupiou ou l’Amour et la Gloire.
Elle raconte l’histoire du jeune Pitois qui plaque son travail et sa fiancée Catherine pour l’amour des armes, et surtout pour connaître la gloire. Quel désenchantement ! Après des catastrophes de tout genre, le brave Pitois retrouve sa dulcinée. Tout est bien qui finit bien pour ce Pioupiou là, mais nous sommes bien en 1938 !

Le Pioupiou serait donc à l’origine une sorte de Jean-Jean (gars un peu stupide), pas loin du Tourlourou (gars qui se prend pour un bel homme), et donc synonyme de jeune fantassin inexpérimenté.

Arthur Rimbaud en fera même écho sous la forme de Pioupiesque, pour une rime avec soldatesque dans son poème le Coeur supplicié (1871).

Enfin ! Pioupiou a été mis à l’honneur par le chansonnier Montéhus qui chante l’histoire de jeunes soldats mutins qui ont refusé de tirer sur des vignerons manifestants à Béziers en 1907 (Gloire au 17ème – voir les paroles ci dessous).

L’histoire raconte que ces soldats mutins furent envoyés dans un camp disciplinaire, puis en première ligne lors des premiers combats en 1914. La tenue militaire de l’époque, qui datait de la guerre de 1870, comportait le pantalon et le képi rouge garance et la fameuse capote en laine gris de fer bleuté … Le képi, visible de loin fut rapidement recouvert d’un couvre-képi bleu.

Puis Pioupiou est tombé en désuétude en même temps que sa tenue est devenue plus discrète. On parle alors du bidasse, du troufion …

Nous parlerons encore de nos Pioupiou le 9 novembre prochain à l’occasion de l’Exposition qui animera la 2nde Bourse Toutes Collections de Villages, Hier et Aujourd’hui (voir Ici)

Paroles de Gloire au 17ème – Montéhus 1907

1- Légitime était votre colère, le refus était un devoir.

On ne doit pas tuer ses père et mère pour les grands qui sont au pouvoir.

Soldats, votre conscience est nette,  on n´se tue pas entre Français

Refusant d´rougir vos baïonnettes, petits soldats, oui, vous avez bien fait !

{Refrain:}

Salut, salut à vous, braves soldats du 17ème !

Salut braves pioupious. Chacun vous admire et vous aime !

Salut, salut à vous, A votre geste magnifique,

Vous auriez en tirant sur nous Assassiné la République.

2- Comme les autres, vous aimez la France.  J´en suis sûr même, vous l´aimez bien !

Et sous le pantalon garance vous êtes restés des citoyens

La patrie c´est d´abord sa mère, celle qui vous a donné le sein

Et vaut mieux même aller aux galères que d´accepter d´être son assassin

{au Refrain}

3- Espérons qu´un jour viendra en France Où la paix, la concorde règnera

Ayons tous au cœur cette espérance Que bientôt ce grand jour viendra

Vous avez j´té la première graine Dans le sillon d´ l´Humanité

La récolte sera prochaine Et ce jour-là vous serez tous fêtés

{au Refrain}

ecoutez ici,