Trop jeune, trop belle, trop brune …

Gueux, le 9 mars 2016 :

EolienneEgliseEn abaissant de 3500 à 1000 habitants le seuil d’application du scrutin de liste dès les élections municipales de mars 2014, le législateur n’a pas rendu service aux petites communes. Tout dépend, me direz vous, de la façon de diriger une fois les élections passées. Quand on subit comme à Gueux la loi du Chef qui a raison (article 1) et qui compte sur sa garde rapprochée qui l’assure dévotement d’avoir toujours raison (article 2), en ayant sous le coude les astucieux arguments qui, même lorsqu’il a tort font appliquer les deux premiers articles, on se demande bien pourquoi la commune de Gueux d’aujourd’hui a besoin de mobiliser 19 conseillers municipaux, puisque toutes les décisions sont prises à trois ou quatre membres de l’élite locale et entérinées sans dommage par une large majorité dévouée à la cause du Prince.

Auparavant, le mode d’élection dans notre village se faisait par scrutin majoritaire à deux tours.  Il pouvait y avoir plusieurs listes, même incomplètes, et le panachage était autorisé. En imaginant que cette règle ait été appliquée en mars 2014, et compte tenu des résultats du scrutin d’alors, le rapport majorité/minorité serait à Gueux de 11 contre 8 plutôt que 15 contre 4 comme aujourd’hui. Cela aurait changé beaucoup de choses puisque 2 avis contradictoires suffiraient pour que les débats municipaux soient plus animés et objectifs, et surtout nous éviteraient bien des incertitudes et des réveils douloureux.

Malheureusement je pense que ce même législateur n’a pas pris la mesure de ces changements radicaux imposés à nos villages et donc à la démocratie locale. La solution antérieure offrait davantage de facilités. De toute évidence, les candidats non reconnus par les électeurs seraient restés sur la touche. Il y aurait peut-être eu des surprises, des pleurs et des grincements de dents, mais en tout cas cela aurait été tout bénéfice pour tous, et même pour ces déchus !

Il est évident que la bonne gestion d’un village comme le notre repose davantage sur le volontariat. Devoir plébisciter 2 listes de 19 candidats motivés s’apparente plus à de la politique (encore faudrait-il objectivement savoir de quel bord on est … !).

Alea jacta est, le sort en est jeté ! Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur et être patient. A Gueux, si tu ne partages pas les idées de la tête de liste, il vaut mieux démissionner avant de te faire mettre au placard pour haute trahison !

C’est ce qui est arrivé dernièrement à une conseillère municipale, qui devait en avoir marre d’avaler des couleuvres et était sans doute déçue par la façon non démocratique dont sont ficelés les débats.  Elle a finalement donné sa démission, à regret eu égard à ses nombreux électeurs qui avaient quand même contribué au triomphe de la liste victorieuse. 

Cette démission a été acceptée sans discussion et suivie sans délai de la fermeture de son compte municipal de messagerie, de peur sans doute qu’elle fasse part de ses états d’âme à ses collègues, et pire encore à ceux de la proposition … pardon, de l’opposition comme ils disent. Son nom apparait toujours sur le trombinoscope du site de la mairie … pour l’instant ! Il y a un genre de malaise dans cette précipitation de cour d’école.

Méthode Kleenex ? Quelle belle preuve de confiance en soi, monsieur le Chef ! En tout cas quel manque d’élégance !

Erreur de casting ? Je ne le pense pas, bien au contraire. Gueux aura toujours besoin de sang neuf et d’élu(e)s qui s’investissent, osent, s’affirment, s’assument et ont une vision globale et désintéressée de l’avenir de notre village.

Alors, trop belle, trop jeune et trop brune (ou pas assez blonde) ? Oui, pour la majorité de la majorité, assurément !

Cette conseillère devra(it) être remplacée par le premier candidat en attente sur la liste victorieuse de mars 2014.